
La chaleur est le principal risque climatique en milieu de travail, et la situation s'aggrave. 95 % de tous les décès liés au climat en Europe sont associés aux vagues de chaleur — pas aux inondations, pas aux tempêtes : à la chaleur. Les travailleurs effectuant des tâches physiquement exigeantes dans des conditions chaudes font partie des groupes les plus vulnérables. Pourtant, le stress thermique au travail reste sous-estimé dans de nombreuses entreprises.
60 % de l'Europe a connu en 2024 plus de jours que la moyenne avec au moins un stress thermique fort.
ESOTC 2024, Copernicus/WMO via meteo.be
La tendance est claire : les étés deviennent plus chauds, les vagues de chaleur plus fréquentes et les risques en milieu de travail plus importants. En tant qu'employeur, vous êtes légalement tenu de maîtriser les risques thermiques.
Dans cet article, nous expliquons ce qu'est le stress thermique, comment le reconnaître, ce que la législation exige et quelles solutions EPI fonctionnent vraiment.
Sources : Copernicus/WMO – European State of the Climate 2024 via meteo.be | VMM – Indicateur victimes de la chaleur via vmm.vlaanderen.be | EEA – Chaleur et santé via climate-adapt.eea.europa.eu
Dans cet article
- Qu'est-ce que le stress thermique et quand apparaît-il ?
- Conséquences et impact sur le lieu de travail
- Législation : Belgique et Pays-Bas
- Mesures organisationnelles et techniques
- Solutions en matière d'EPI
1. Qu'est-ce que le stress thermique et quand apparaît-il ?
Le stress thermique est la charge physique qui survient lorsque le corps ne parvient plus à évacuer suffisamment sa chaleur excédentaire. La température centrale augmente, parfois jusqu'à des niveaux dangereux. À partir de 38 °C de température corporelle, les premiers symptômes apparaissent : fatigue, vertiges et perte de concentration. Lorsque la température dépasse 40 °C, on parle d'urgence médicale pouvant mettre la vie en danger.
Causes : bien plus que le soleil
Les causes les plus évidentes sont les facteurs environnementaux :
- Températures extérieures élevées
- Exposition directe au soleil
- Humidité élevée
- Mauvaise ventilation
Mais le stress thermique est rarement la conséquence d'un seul facteur. Les caractéristiques personnelles telles que l'âge, la condition physique, l'utilisation de médicaments et le niveau d'hydratation jouent un rôle tout aussi important.
Sur le lieu de travail s'ajoutent également des facteurs professionnels : le travail physiquement intensif, la pression de travail élevée et les longues heures de travail augmentent considérablement la production de chaleur du corps. Le choix des EPI est également déterminant. Les vêtements épais ou peu respirants, les couches multiples et les combinaisons de protection hermétiques entravent l'évacuation de la chaleur et accélèrent la surchauffe.
Important : le stress thermique n'est pas un problème saisonnier. Dans de nombreux secteurs, les travailleurs opèrent toute l'année dans des environnements chauds, par exemple à proximité de hauts fourneaux, de fours, d'installations de fusion ou d'autres sources de chaleur industrielles.

2. Conséquences du stress thermique et impact sur le lieu de travail
Les températures élevées sont plus qu'une question de confort. Quiconque travaille dans des conditions chaudes – sur un chantier, dans un entrepôt, une usine ou à l'extérieur dans les champs – est exposé à des risques qui minent systématiquement l'organisme.
Conséquences physiologiques
Le corps humain est conçu pour maintenir la –. Pour ce faire, il utilise deux mécanismes :
- Thermogenèse : Processus par lequel le corps produit de la chaleur pour maintenir sa température. Cela se produit automatiquement par le métabolisme et l'activité musculaire.
- Thermolyse : Processus par lequel le corps évacue la chaleur excédentaire pour ne pas surchauffer – via le rayonnement, le contact avec des surfaces plus froides et la transpiration, où l'évaporation assure le refroidissement.
À des températures ambiantes supérieures à 35 °C, l'évaporation par la sueur est le seul mécanisme efficace pour évacuer la chaleur, mais dans les environnements humides, ce mécanisme est beaucoup moins efficace.
Lorsque le corps transpire abondamment pour se refroidir, il perd d'importantes quantités de liquide et d'électrolytes – ce qui entraîne des maux de tête, des nausées, des crampes musculaires et un déclin cognitif mesurable.
Le cœur travaille plus fort (augmentation du rythme cardiaque) pour évacuer la chaleur et améliorer la circulation sanguine, ce qui peut devenir directement dangereux pour les travailleurs souffrant de maladies cardiovasculaires.
Les irritations cutanées et les boutons de chaleur sont des signes supplémentaires indiquant que le corps atteint ses limites.
De l'inconfort à l'urgence médicale
Le stress thermique présente une progression claire où chaque phase nécessite une réponse différente.
Les crampes de chaleur sont le premier signal d'alarme : crampes musculaires douloureuses dues à la perte de sel et de liquide.
L'épuisement par la chaleur est plus grave. Le travailleur présente une faiblesse, des vertiges, un rythme cardiaque rapide, des nausées et une peau froide et moite. C'est le moment d'intervenir immédiatement : refroidir, hydrater, repos.
Le coup de chaleur est une urgence médicale absolue. La température corporelle dépasse 40 °C. Sans intervention immédiate, cela peut mettre la vie en danger.
Déclin cognitif : le risque caché
Ce qui est trop peu abordé dans les analyses de sécurité, ce sont les effets cognitifs de la chaleur. Or, ce sont précisément ces effets qui rendent le stress thermique si dangereux sur le lieu de travail. Par temps chaud, la concentration diminue, les temps de réaction ralentissent et la prise de décision se détériore. Les travailleurs commettent davantage d'erreurs au moment précis où ils utilisent des machines, des véhicules ou des substances dangereuses.
Exposition chronique : le danger insidieux
Une exposition unique à la chaleur est éprouvante. Une exposition prolongée ou répétée est carrément nuisible. Le corps perd progressivement sa capacité à réguler efficacement la température centrale : la production de sueur devient moins efficace, la circulation sanguine vers la peau est perturbée. Le cœur et les reins sont soumis à une charge systématiquement plus lourde, ce qui augmente le risque de maladies cardiovasculaires et de problèmes rénaux. Il en résulte une fatigue chronique et une baisse structurelle de la capacité de travail.
L'impact économique pour les employeurs
Le stress thermique est un risque commercial aux conséquences directes. La vigilance réduite entraîne davantage d'accidents du travail. L'épuisement physique et mental réduit la productivité. L'absentéisme augmente. Et les coûts liés aux erreurs, aux arrêts et aux interventions médicales s'accumulent rapidement.
3. Législation sur la chaleur et le stress thermique (Belgique et Pays-Bas)
| Belgique : Codex sur le bien-être au travail Livre V, Titre 1 : Facteurs d'ambiance thermique |
Pays-Bas : Décret sur les conditions de travail, article 6.1 Facteurs physiques sur le lieu de travail |
|---|---|
Source : SPF Emploi |
|
! La législation belge est particulièrement claire : l'analyse des risques n'est pas une observation ponctuelle. La combinaison et l'évolution des facteurs tout au long de la journée de travail déterminent le risque. Mesurer uniquement au moment le plus chaud n'est pas suffisant.

4. Mesures organisationnelles et techniques
Aucun EPI ne remplace un environnement de travail bien organisé. La première ligne de défense contre le stress thermique est organisationnelle et technique.
Mesures organisationnelles
- Pauses supplémentaires et plus longues lors des vagues de chaleur, avec suffisamment de temps pour se refroidir
- Horaires de travail adaptés : planifier les travaux lourds tôt le matin ou en fin d'après-midi
- Systèmes de rotation afin que les travailleurs ne travaillent pas continuellement dans la chaleur
- Eau potable en quantité suffisante disponible à des endroits facilement accessibles (obligatoire par la loi)
- Augmentation progressive de la charge de travail pour les nouveaux travailleurs et les collègues de retour
Mesures techniques
- Bonne ventilation et circulation de l'air sur le lieu de travail
- Solutions d'ombrage pour le travail en extérieur
- Climatisation des espaces de travail là où c'est possible et réalisable
- Écrans thermiques ou isolation pour les installations rayonnantes

5. Solutions EPI pour travailler avec le stress thermique
Les mesures techniques et organisationnelles constituent la base, mais les équipements de protection individuelle améliorent le confort et permettent de prolonger la durée pendant laquelle une personne peut travailler en toute sécurité dans des conditions de chaleur.
5.1 VÊTEMENTS DE TRAVAIL RESPIRANTS ET PROTECTEURS
Les vêtements sont souvent la première source de stress thermique supplémentaire, surtout lorsque les fonctions protectrices entrent en conflit avec la ventilation. Le choix des matériaux est déterminant.
Dans la mesure du possible, compte tenu des risques, optez pour des vêtements respirants et qui laissent passer la chaleur.
| Type d’EPI | Pourquoi adapté à la chaleur | Avantages |
|---|---|---|
| Polyester | Évacue rapidement la transpiration et accélère l’évaporation | Léger, confortable, séchage rapide, durable |
| Laine (merinos) | Régule la température et garde la peau sèche | Frais en été, chaud en hiver, évite les irritations |
| Vêtements en mesh | Ventilation maximale | Circulation d’air, évacuation rapide de la chaleur et de l’humidité |
| Coolsuits | Ventilation maximale | Panneau dorsal respirant, réduction du stress thermique |
| Vêtements anti‑UV | Pour les travailleurs en extérieur | UPF 40–50+, protection contre les coups de soleil et problèmes cutanés |

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5.2 GILETS DE REFROIDISSEMENT
Les vestes de refroidissement sont l'un des EPI les plus efficaces en cas de stress thermique grave. En fonction de l'environnement de travail et du niveau de risque, il convient de choisir une technologie différente.
| Type de gilet | Fonctionnement | Idéal pour | Exemples |
|---|---|---|---|
| Refroidissement par évaporation | L'eau s'évapore et assure un refroidissement naturel | Travail extérieur, efforts prolongés | Bodycool Smart‑X, Bodycool 2BSafe |
| Gilets PCM (matériau à changement de phase) | Maintient une température constante (p. ex. 21 °C) | En cas de chaleur extrême, à utiliser comme couche supplémentaire sous des combinaisons chimiques | Bodycool Pro, PCM CoolOver 21°C |
| Refroidissement actif par circulation d’air | La ventilation renforce l'évacuation de la chaleur | Utilisable directement sans devoir les mettre au réfrigérateur | Bodycool AirVent |

5.3 CASQUES VENTILÉS ET ACCESSOIRES RAFRAÎCHISSANTS
La tête est particulièrement sensible à la surchauffe. Un casque ventilé améliore la circulation de l'air, réduit le stress thermique et augmente le confort de port. Les accessoires complémentaires tels que les bandeaux et les protège-nuques rafraîchissants évacuent la chaleur et l'humidité, augmentent le confort et réduisent le risque de maux de tête, de vertiges et de surchauffe.

Protection de la tête et du cou contre le stress thermique
5.4 CHAUSSURES, CHAUSSETTES ET GANTS
La protection des pieds et des mains est souvent négligée par temps chaud, mais a un impact important sur le confort général et la sécurité.
| EPI | Pourquoi adapté par temps chaud ? | Avantages |
|---|---|---|
| Chaussures de sécurité en microfibre | Respirantes et légères | Évacuation rapide de l’humidité, moins d’odeurs, plus de confort |
| Chaussettes techniques | Régulation de l’humidité | Moins de frottements, moins d’ampoules, plus hygiénique |
| Gants en microfibre | Ultra-légers et respirants | Bonne prise grâce à l'évacuation de la sueur, confortable pour les travaux de précision |
5.5 PROTECTION DE LA PEAU AVEC FILTRE UV
La protection de la peau est souvent sous-estimée dans la prévention du stress thermique, alors qu'elle joue un rôle direct. La peau est notre plus grand organe et un composant actif de la thermorégulation : par la transpiration et l'évacuation de la chaleur, elle aide le corps à se refroidir. Lorsque la peau est endommagée ou insuffisamment protégée contre la chaleur et les rayons UV, ces mécanismes fonctionnent moins efficacement, entraînant une augmentation plus rapide de la température corporelle.
Une bonne protection cutanée, comme une crème solaire, favorise la dissipation naturelle de la chaleur, prévient les dommages causés par les UV, améliore le confort et réduit les irritations.
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5.6 AUTRES MOYENS DE SOUTIEN
Les accessoires constituent la dernière couche d'une bonne politique de prévention du stress thermique. Ils aident les employés à rester hydratés, au frais et à l'aise, tout en contribuant à prolonger la durée de vie et à maintenir l'hygiène des EPI eux-mêmes.
Les bouteilles isothermes maintiennent les boissons plus fraîches plus longtemps. Une quantité suffisante d'eau fraîche favorise une meilleure régulation de la température et maintient votre équilibre hydrique.
Les serviettes rafraîchissantes procurent un effet de refroidissement par évaporation.
Les armoires de séchage et de nettoyage NOVVEN pour EPI assurent une meilleure hygiène et une plus longue durée de vie.
Les séchoirs Hygifeet et Hygigrip assurent le séchage, le nettoyage interne et la désodorisation de vos chaussures et gants.

Accessoires contre le stress thermique
Le stress thermique nécessite une approche sur mesure. La bonne combinaison de mesures et d'EPI dépend de votre secteur, de votre environnement de travail et de votre profil de risque. Nos experts en sécurité se feront un plaisir de vous aider dans la sélection du bon ensemble.
Page d'informations sur le stress thermique
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